IMJ-PRG
IMJ-PRG CNRS - UPMC - Paris Diderot

Séminaire Histoire des sciences mathématiques

Année 2017- 2018

Le 2ème mercredi du mois à 11h - salle 413 - couloir 15-16 IMJ-PRG - 4 Place Jussieu - 75005 Paris

Dominique Tournès - LIM/Université de la Réunion

La diffusion de la nomographie auprès des mathématiciens et des ingénieurs (1900-1950)

mercredi 13 juin 2018 à 11:00

Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu
75005 Paris

Au tournant du 20e siècle, la nomographie, créée par quelques ingénieurs français pour répondre aux besoins de calcul du génie civil, se constitue en nouvelle discipline au sein des mathématiques appliquées. Elle diffuse rapidement vers d’autres pays, est adoptée dans de nombreux domaines et devient un outil important au service du développement économique et industriel. Les problèmes théoriques qu’elle soulève intéressent parallèlement les mathématiciens. En exploitant diverses bases de données et le fonds d’archives nomographiques de Maurice d’Ocagne conservé à l’École nationale des ponts et chaussées, nous analyserons ce processus de diffusion dans une perspective internationale et nous étudierons en quoi la nomographie a transformé les pratiques de calcul dans les laboratoires publics et privés jusqu’à l’apparition des calculateurs électroniques.

Fabrice Ferlin - S2HEP/Lyon 1

La théorie tourbillonnaire de l’astronomie en France au début du dix-huitième siècle, illustrée par les exemples lyonnais de Villemot et de Marchand

mercredi 23 mai 2018 à 11:00

Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu
75005 Paris

Bien que les Principia mathematica aient été publiés par Newton en 1687, la nouvelle physique mathématique newtonienne a mis plusieurs décennies pour s’imposer sur le continent européen, et surtout en France où l’influence de la physique et des tourbillons de Descartes est restée longtemps vivace ; ce n’est qu’à la fin des années 1740 que le débat est clos.
Cet exposé traitera de cette période conflictuelle de l’histoire de la physique et de l’astronomie en France, tout en mettant l’accent sur deux savants lyonnais partisans de ce que l’on pourrait appeler une « astronomie cartésienne » fondée sur la théorie des tourbillons et non sur la gravité newtonienne, Philippe Villemot et Henri Marchand dit le Père Grégoire.
Le premier, avec son Nouveau Système ou nouvelle explication du mouvement des planètes (1707) est le véritable initiateur de cette astronomie tourbillonnaire qui allait être considérée en France comme une alternative valable à la mécanique céleste newtonienne pendant plusieurs décennies.
Le second, Marchand, est, lui, un des derniers défenseurs de cette option : la pièce dont nous parlerons est un mémoire dont le texte a été récemment retrouvé à l’Académie des arts, sciences et belles lettres de Lyon. Ce mémoire a concouru au prix de l’Académie royale des sciences de 1734, sur l’inclination des orbites des planètes. Le fait que ce prix ait reçu un accessit est un témoignage de la reconnaissance de l’astronomie tourbillonnaire en France dans les années 1730.
Au-delà de ces deux auteurs, nous profiterons de cet exposé pour décrire brièvement le conflit entre prétendus « cartésiens » et « newtoniens » qui a caractérisé le débat scientifique en France durant les quatre premières décennies du dix-huitième siècle.

Anouck Barberousse - IHPST/ Lille 1

Émile Borel et le bayésianisme empirique

mercredi 11 avril 2018 à 11:00

Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu
75005 Paris

Le bayésianisme empirique a récemment renouvelé la pratique des statistiques dans de nombreux domaines, dont les études phylogénétiques, le diagnostic médical, et la métrologie. Il a transformé en profondeur la compétition ancienne entre approche bayésienne et approche classique en statistiques, sans toutefois permettre de clore le débat sur la nature même du raisonnement statistique. Le but de l’exposé sera de présenter cette approche récente et d’en éclairer certains aspects à partir des idées de Borel sur l’usage des probabilités. Malgré les 100 ans qui séparent les écrits de Borel et le développement du bayésianisme empirique, on peut y trouver des éléments qui éclairent le débat actuel.

Emmylou Haffner - Wuppertal Universität

Remarques sur l’édition des Gesammelte Werke de Riemann

mercredi 14 mars 2018 à 11:00

Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu
75005 Paris

Les Gesammelte Werke de Bernhard Riemann, publiées en 1876, sont le résultat de plusieurs années de travail par les éditeurs Richard Dedekind et Heinrich Weber. Ceux-ci ont en effet tenu à relire, vérifier et parfois corriger tous les textes de Riemann, en particulier ceux extraits de son Nachlass. Je présenterai le processus d’édition, exceptionnellement documenté, suivi par Dedekind et Weber. En particulier, je proposerai d’étudier les pratiques mathématiques et philologiques impliquées dans leur minutieux travail éditorial, en m’appuyant sur leur correspondance et les Nachlässe de Riemann et de Dedekind.

Antonietta Demuro - STL-Lille 3/LPL Lille 1

Mathématiciens et mathématiques appliquées pendant l’entre-deux-guerres. Le cas de J. Kampé de Fériet et la mécanique des fluides

mercredi 14 février 2018 à 11:00

Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu
75005 Paris

Pendant la première guerre mondiale, plusieurs mathématiciens mobilisés dans les diverses institutions militaires françaises ont appliqué leurs recherches théoriques dans des problèmes de balistique. Une fois la guerre terminée, beaucoup d’entre eux ont repris leurs études de mathématiques pures et d’autres ont commencé à s’intéresser à des domaines plus appliqués. Ce dernier cas est par exemple représenté par Joseph Kampé de Fériet (1893-1982), qui a commencé à s’intéresser à la mécanique des fluides pendant sa mobilisation à la commission de Gâvre en 1915, et qui deviendra, une quinzaine d’années plus tard, le premier directeur de l’Institut de Mécanique des Fluides de Lille (IMFL).
Dans cette communication, nous aborderons la trajectoire individuelle de Kampé de Fériet, de sa mobilisation à Gâvre jusqu’à ses travaux en clandestinité pendant la seconde guerre mondiale. Nous nous appuierons sur l’analyse de son rôle scientifique et institutionnel au sein de la communauté nationale et internationale de la mécanique des fluides pour essayer de répondre à des questions plus générales concernant la mécanique des fluides en France pendant l’entre-deux-guerres.

Martina Schiavon - Archives Poincaré, Nancy

Le projet Bureau des longitudes (1795-1932) : quelques enjeux et perspectives pour l’histoire de mathématiques

mercredi 10 janvier 2018 à 11:00

Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu
75005 Paris

En m’appuyant sur le corpus des 22.000 procès-verbaux manuscrits des séances du Bureau des longitudes (1795-1932) récemment mis en ligne sur un site web dédié, j’explorerai quelques pistes d’études que ces documents offrent à l’historien - plus particulièrement à l’historien de mathématiques. Je me propose de polariser l’attention sur la manière dont ces archives nous permettent aujourd’hui de prendre en compte des acteurs et des "faires" méconnus - voire oubliés - par les historiens : plus généralement, en fournissant une image palpable de l’histoire matérielle des savoirs, ces documents permettent de mieux saisir les relations existantes entre sciences-mathématiques, sociétés et cultures.

Mathilde Frémont - LIRDEF, Montpellier

Objet de collection scientifique : témoins silencieux de l’histoire des sciences - Regard sur les collections scientifiques de l’université de Montpellier

mercredi 13 décembre 2017 à 11:00

Jussieu, , couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

Très peu connus et étudiés, les objets de la collection de physique de l’Université de Montpellier sont plus de deux-cents. Présents dans l’enceinte de l’Université de Montpellier depuis plus de deux siècles, ils sont autant de témoins du passé de cette institution. L’objet de mon travail de thèse est d’étudier ce que les instruments des collections montpelliéraines ont à nous témoigner sur les pratiques scientifiques d’enseignement et de recherche de l’Université à la fin du XIXe siècle. Ainsi nous positionnons nos recherches dans une approche socio-culturelle des sciences pour laquelle l’étude des pratiques, des gestes et des dispositifs matériels est essentielle.
Depuis les années 70, l’instrument est de plus en plus étudié en histoire des sciences. Il existe à ce jour, différents types d’approche des instruments qui dépendent bien souvent de l’objet d’étude du chercheur. Par exemple, l’instrument nous permet de nous rendre compte de certains gestes qui ont entourés son usage en procédant à une observation minutieuse empruntée à l’archéologie ou l’ethnologie. Sa matérialité laisse aussi des traces dans les archives qui méritent d’être étudiées, volet bien exploitée par l’histoire des techniques. De plus, les historiens qui se sont rapprochés des institutions possédant des collections proposent des méthodologies qui vont croiser ces différentes approches de l’instrument, bien que ce soit en général dans le but de valoriser des objets de collection. Cependant, à ce jour et à notre connaissance, aucune approche méthodologique systématique ne semble avoir été proposée.
Notre approche consiste à bâtir cette nouvelle méthodologie, en empruntant aux diverses méthodes existantes. Celle-ci a été construite en deux temps, d’abord à partir de l’étude d’un objet phare des collections montpelliéraines : un actinomètre d’A. Crova ; puis éprouvée sur deux autres instruments : un spectroscope et une lanterne de projection. L’intérêt de cette démarche consiste à bâtir la méthode sur un objet technique, complexe, et conçu dans un contexte socio-culturel particulièrement remarquable pour la physique de sorte à établir une méthode aussi systématique et exhaustive que possible. Ensuite, l’objectif est de vérifier que cette méthode s’applique à d’autres types d’instruments, réalisés à tout autres desseins ou d’autres contextes et qui ont, a priori, comme seul point commun avec l’actinomètre, d’être des voisins d’étagères parmi cette collection. L’objectif in fine est donc de développer une méthode généralisable et transposable à d’autres collections.

Salomon Ofman - IMJ-PRG/HSM/Paris 7

Aux origines des ‘irrationalités’ : la ‘partie mathématique’ du Théétète de Platon (en petit hommage à Jean-Pierre Kahane)

mercredi 22 novembre 2017 à 11:00

Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu
75005 Paris

Dans un premier temps, nous allons résumer ce qu’on peut dire de la découverte du premier cas ‘d’irrationalité’ chez les mathématiciens grecs anciens et des méthodes y ayant conduit. Puis nous considérerons le cadre plus général, ouvert au 5ème siècle BCE, dont la source essentielle pour nous est le Théétète de Platon. Dans un deuxième temps, nous montrerons que les interprétations usuelles et les preuves qu’elles proposent sont en contradiction avec les témoignages textuels. Enfin, nous présenterons une nouvelle méthode, en accord à la fois avec l’ouvrage de Platon et l’état des mathématiques de cette époque. S’il reste du temps, nous aborderons les conséquences philosophiques qu’on peut en tirer pour la pensée platonicienne.
Cet exposé est basé sur un travail commun avec Luc Brisson (Centre Jean Pépin-CNRS-UMR 8230).

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