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Sorbonne Université CNRS Paris Diderot

Séminaire Histoire des sciences mathématiques


2014 2015 2016 2017 2018 2019

Année 2018- 2019

Le 2ème mercredi du mois à 11h - salle 413 - couloir 15-16 IMJ-PRG - 4 Place Jussieu - 75005 Paris


Caroline Ehrhardt - Université Paris 8

Les calculateurs prodiges (1830-1914) : mathématiques en spectacle et représentations des mathématiques

mercredi 12 juin 2019 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

A mi-chemin entre la prestidigitation et la performance calculatoire, les calculateurs prodiges, souvent autodidactes et issus de milieux modestes, attirent les foules tout au long du 19e et au début du 20e siècle. Or, en faisant du calcul un spectacle, les calculateurs prodiges participent à la promotion d’un certain type de mathématiques auprès de leur public. La figure du calculateur prodige, si elle appartient au domaine de la science amusante, s’avère ainsi révélatrice des images et des pratiques auxquelles s’adosse le développement de la « numeracy » à la croisée du raisonnement et du calcul, dans la société du 19e et du début du 20e siècle. Plus encore, la trajectoire de nombre d’entre eux a en fait croisé les milieux savants. En posant la question de la capacité des prodiges à résoudre d’autres types de problèmes et à « inventer », en cherchant à cerner leur « intelligence », les mathématiciens désignés pour les expertiser explicitent, aussi, ce qui constitue selon eux l’essence de leur propre métier.


Barbara Sattler - St-Andrew University (Grande-Bretagne)

Arithmetic, Geometry and Proportion Theory in Plato’s Timaeus

mercredi 22 mai 2019 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

The sister-sciences arithmetic and geometry are bound up with different ontological realms in the Timaeus : while arithmetic is closely tied to the world soul and time, geometry is employed for the elemental traces, the bodies formed from them, and the space-like receptacle. However, I want to show that Plato ultimately uses proportion theory, and in fact similar proportions, for both realms, who are thus brought closer together. Proportion theory is used in order to unify different constituents in the perceptible as well as in the intelligible realm – it allows to form the four elements into a unified world body and to mix Sameness, Difference, and Being into a unified intelligible basis out of which souls can be formed.


Salomon Ofman - CNRS/IMJ-PRG

Barry Mazur contre Pappus – Une erreur de 15 siècles

mercredi 10 avril 2019 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

L’un des rares points considéré comme acquis à propos des mathématiques pré-euclidiennes, est que les bases de la théorie de l’irrationalité du livre X des Éléments d’Euclide, ont été posées par un mathématicien grec du 4ème siècle BCE, Théétète. Les informations que nous avons sur lui proviennent du dialogue éponyme de Platon, essentiellement le passage que l’on appelle la ‘partie mathématique du Théétète’. Remontant à Pappus, le célèbre mathématicien du 4ème siècle CE, on considère que Théétète y expose une propriété à l’origine de, et généralisée par, la proposition 9 du livre X des Éléments.
Il y a quelques années, Barry Mazur a publié un article où il montrait, entre autre, que les deux résultats se rapportaient à des objets mathématiques très différents (« How Did Theaetetus Proves his Theorem ? », p. 234-240). Dans cet exposé, nous allons reprendre ce problème, étudier le passage en question du Théétète, exposer l’analyse de Mazur, pour tenter de résoudre ce qu’il qualifie de ‘strange delusion’.
Cet exposé est basé sur un travail commun avec Luc Brisson (CNRS-Centre Jean Pépin, ENS) sur l’interprétation de la ‘partie mathématique du Théétète’.


Sébastien Gauthier - Lyon 1-ICJ

Le mystère Léonce Laugel

mercredi 27 mars 2019 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

Les historiens s’intéressant aux mathématiques en France au tournant des XIXe et XXe siècles peuvent avoir rencontré le nom de Léonce Laugel comme traducteur de travaux allemands en français. Sa traduction la plus célèbre étant probablement celle (partielle) des Oeuvres complètes de Riemann. La découverte de plusieurs correspondances de Laugel avec des mathématiciens allemands et le contenu de ces correspondances suggère que Laugel n’occupe pas seulement une place de traducteur mais intervient parfois comme une sorte d’« intermédiaire » entre Hermite, dont il est proche, et ses correspondants. C’est pour essayer de comprendre ce rôle singulier que nous nous sommes intéressés à Laugel lui-même. Mais trouver des réponses à nos questions sur Laugel s’est avéré difficile, l’exposé décrira ce parcours de recherche qui nous a conduit à mobiliser des sources de nature variée permettant d’éclairer des périodes différentes de la vie de Laugel.
Il s’agit d’un travail en collaboration avec Catherine Goldstein.


Eckhard Wallis - Sorbonne université et IMJ-PRG

Des étoiles aux atomes – les changements de la mesure du temps et des fréquences en France entre 1945 et circa 1970

mercredi 13 mars 2019 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

Il est bien connu que l’unité de temps change de définition en 1967, quand une fréquence atomique supplante les phénomènes astronomiques. Pourtant, les retombés de ce changement dans la pratique n’ont pas encore reçu l’attention souhaitable de la part des historiens des sciences.
Dans cet exposé, je présenterai l’évolution du système français de métrologie du temps et des fréquences entre la fin de la seconde guerre mondiale et les années 1970. Alors qu’en 1945, les références de temps et fréquence relèvent de la responsabilité de l’Observatoire de Paris en coopération avec un laboratoire de télécommunications, le développement des premières horloges atomiques après 1949, incite ces institutions à intégrer également des physiciens dans ce dispositif, à travers la fondation du Laboratoire de l’Horloge Atomique du CNRS en 1958. Malgré le passage d’une définition astronomique à une définition relevant de la physique, c’est toujours l’Observatoire qui continuera à détenir l’autorité concernant les références de temps dans la réorganisation de la métrologie française qui commence en 1969.
L’élargissement de la perspective sur un système de métrologie composé par des institutions opérant des infrastructures techniques, réglé par des normes nationales et internationales, permet de mettre en contexte le changement du standard métrologique à savoir le passage de la seconde astronomique à la seconde atomique. Ainsi on comprend que la question « étoiles ou atomes » n’est qu’une facette des transformations de la métrologie du temps et des fréquences après la Seconde Guerre mondiale.


Frédéric Soulu - Centre François Viète – Université de Nantes

Météorologie et opérations militaires dans la Régence d’Alger : les fondations d’une météorologie d’État ?

mercredi 13 février 2019 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4 Place Jussieu, 75005 Paris

L’historiographie de la météorologie au XVIIIe et XIXe siècle souligne le rôle des associations, de notables le plus souvent, dans le développement des réseaux d’observation (cf. Locher Fabien, 2008, Le savant et la tempête. Étudier l’atmosphère et prévoir le temps au XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes ; Anderson Katharine, 2005, Predicting the Weather. Victorians and the Science of Meteorology, Chicago and London, The University of Chicago Press). Un corpus d’archives récemment mis en lumière offre une nouvelle perspective sur les débuts de la météorologie nationale en France. Dans le contexte d’une opération de conquête territoriale, le Ministère de la guerre a développé à partir de 1840 dans la Régence d’Alger un important réseau d’observations météorologiques coordonnées. Cette communication propose d’étudier la rapide structuration de ce réseau, les circulations d’acteurs, de matériels et d’observations, et enfin ses conséquences sur les institutions scientifiques françaises de la seconde moitié du XIXe siècle.


Alain Larroche - IMJ-PRG et Lycée Henri IV

Equations diophantiennes en France à la fin du 19ème siècle à la lumière de la correspondance entre Adolphe Desboves et Théophile Pépin

mercredi 9 janvier 2019 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

La correspondance entre Adolphe Desboves et Théophile Pépin s’étend sur 34 mois, elle commence par une lettre datée du 30 janvier 1881 et se termine par une lettre datée du 30 novembre 1883. Théophile Pépin et Adolphe Desboves sont deux mathématiciens cherchant à résoudre, au même moment, le même type d’équations diophantiennes.
L’objectif de mon exposé est, à partir de cette correspondance, de montrer les recherches faites par Adolphe Desboves, Théophile Pépin et Edouard Lucas sur les équations diophantiennes cubiques et biquadratiques en France entre 1870 et 1890.
J’exposerai les aspects novateurs des recherches diophantiennes de ces trois auteurs : classification des équations diophantiennes cubiques ou biquadratiques par Edouard Lucas et Adolphe Desboves, volonté de généraliser des méthodes permettant de trouver toutes les solutions d’une équation ou toutes les solutions inférieures à une borne donnée, méthode géométrique des tangentes et sécantes exposée par Edouard Lucas pour les équations cubiques, utilisation des nombres complexes par Théophile Pépin, transformation d’une équation biquadratique en équation cubique et réciproquement par Adolphe Desboves.


Fabrice Ferlin - Lyon 1- SP2HEP

La théorie tourbillonnaire de l’astronomie en France au début du dix-huitième siècle, illustrée par les exemples lyonnais de Villemot et de Marchand

mercredi 12 décembre 2018 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

Bien que les Principia mathematica aient été publiés par Newton en 1687, la nouvelle physique mathématique newtonienne a mis plusieurs décennies pour s’imposer sur le continent européen, et surtout en France où l’influence de la physique et des tourbillons de Descartes est restée longtemps vivace ; ce n’est qu’à la fin des années 1740 que le débat est clos. Cet exposé traitera de cette période conflictuelle de l’histoire de la physique et de l’astronomie en France, tout en mettant l’accent sur deux savants lyonnais partisans de ce que l’on pourrait appeler une « astronomie cartésienne » fondée sur la théorie des tourbillons et non sur la gravité newtonienne, Philippe Villemot et Henri Marchand dit le Père Grégoire.
Le premier, avec son Nouveau Système ou nouvelle explication du mouvement des planètes (1707) est le véritable initiateur de cette astronomie tourbillonnaire qui allait être considérée en France comme une alternative valable à la mécanique céleste newtonienne pendant plusieurs décennies. Le second, Marchand, est, lui, un des derniers défenseurs de cette option : la pièce dont nous parlerons est un mémoire dont le texte a été récemment retrouvé à l’Académie des arts, sciences et belles lettres de Lyon. Ce mémoire a concouru au prix de l’Académie royale des sciences de 1734, sur l’inclination des orbites des planètes. Le fait que ce prix ait reçu un accessit est un témoignage de la reconnaissance de l’astronomie tourbillonnaire en France dans les années 1730. Au-delà de ces deux auteurs, nous profiterons de cet exposé pour décrire brièvement le conflit entre prétendus « cartésiens » et « newtoniens » qui a caractérisé le débat scientifique en France durant les quatre premières décennies du dix-huitième siècle.


Carla Rita Palmerino - Radboud University

Galileo’s mathematical realism

mercredi 14 novembre 2018 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Place Jussieu
75005 Paris

In the Assayer, Galileo famously claimed that the book of nature “is written in the language of mathematics” and that “its characters are triangles, circles, and other geometrical figures, without which it is humanly impossible to comprehend a single word of it.” In other passages of his works, however, Galileo seems to suggest that physical phenomena do not obey exact mathematical laws. This has led some scholars to conclude that there is an inconsistency between Galileo’s practice of science and his professed mathematical realism. In my lecture I will challenge this interpretation and show that Galileo’s views concerning the relation between mathematical and physical truths are internally consistent and rely on sound ontological and epistemological arguments.


Luciana Vieira S. da Silva - IMJ-PRG et Université de São Paulo

Gleb Wataghin et le Département de Physique de l’Université de São Paulo : science et politique dans la formation d’un nouveau champ scientifique (1934-1949)

mercredi 10 octobre 2018 à 11:00 : Jussieu, couloir 15-16, salle 413

4, Plae Jussieu
75005 Paris

Après la fondation de la Faculté de Philosophie, Sciences et Lettres (FFCL) de l’Université de São Paulo (USP), en janvier 1934, des missions européennes de professeurs ont été embauchées pour inaugurer les chaires de l’institution brésilienne. Dans cette communication, dont le sujet fait partie de ma thèse de doctorat, j’aborderai des changements dans la trajectoire personnelle et professionnelle du physicien russo-italien Gleb Wataghin (1899-1986), qui est venu au Brésil au sein de la mission italienne pour aider à organiser le Département de Physique de la FFCL, en considérant les disputes diplomatiques entre l’Italie, la France et les États Unis de se rapprocher du Brésil par la science. Je me propose de discuter comment les stratégies politiques de ces pays-là ont été fondamentales pour des réorientations dans la trajectoire de Wataghin et, par conséquent, pour l’internationalisation de son groupe de jeunes physiciens brésiliens.